Le mois de mars 2026 a été dominé par une intensification majeure des tensions géopolitiques, avec le déclenchement et l’extension du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, constituant le facteur central pour les marchés financiers mondiaux.
Depuis la fin février, le Moyen-Orient est entré dans une nouvelle phase d’escalade géopolitique. Le 28 février, des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont visé les capacités en matière de missiles balistiques, la marine, le nucléaire mais également les plus hauts dignitaires du régime. Ces frappes ont pu surprendre car elles sont intervenues alors même qu’un cycle de négociations était engagé entre dirigeants américains et iraniens…
Après un mois de frappes intenses, les Etats-Unis et Israël ont atteint partiellement leurs objectifs. En effet, ils sont parvenus à éliminer le Guide Suprême (remplacé par son propre fils lui-même partisan d’une ligne dure), de nombreux dignitaires du régime et ils ont fortement endommagé leurs capacités de lancement de missiles, de drones et de navigation.
Du côté iranien, la riposte massive et régionale, s’est avérée relativement inattendue par son ampleur : plusieurs centaines de missiles et drones ont été tirés contre Israel mais également, fait nouveau, à destination des pays du Golfe arabo-persique en répercussion des bases militaires accueillies par ces pays. En outre, les dirigeants ont mis en exécution leur menace de blocage du détroit d’Ormuz— par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial ainsi que des matières premières et agricoles stratégiques pour l’économie mondiale — provoquant un choc immédiat sur les marchés de l’énergie (+46% vs son cours moyen de 2025) et ravivant ainsi les inquiétudes sur l’inflation et la croissance.
Au niveau macro-économique, les principaux banquiers centraux (Fed et BCE), qui ont maintenu leurs politiques monétaires inchangées, font preuve aujourd’hui d’une certaine prudence compte tenu des incertitudes à court terme. L’évolution de leur position respective sera à surveiller de près au cours des prochains mois en particulier en cas de hausse des perspectives d’inflation...
Dans ce contexte, l’ensemble des places boursières mondiales a fortement reculé sur la période en particulier en Europe (-9,3% pour l’EuroStoxx 50 et -8,9% pour le CAC 40) et au Japon (-13% pour le Nikkei) alors que les marchés américains et chinois ont fait preuve d’une certaine résilience (entre -5% et -6%).
De plus, on a assisté à une envolée des taux d’intérêt à long terme souverain (+0,38% pour le 10 ans américain à 4,32% et +0,50 % pour le 10 ans français à 3,72%) avec par contagion un impact significatif sur la performance des placements obligataires, qui ont tous baissé sur la période (entre -2% et -3%).
Enfin, l’or n’a pas joué son rôle de valeur refuge et a vu son cours reculer de 11% sur la période, a contrario du dollar qui a lui légèrement progressé (+2,2%). En synthèse, aucun placement n’aura résisté sur le mois à l’exception du secteur de l’Energie.
S’agissant des perspectives à court terme, le conflit en Iran et au Proche Orient sera le principal sujet d’attention des prochaines semaines avec une visibilité à ce stade encore très réduite. Tant au niveau diplomatique avec les voltefaces répétées des belligérants, notamment le président Trump. Mais également sur le plan militaire où rien n’indique aujourd’hui que la situation s’apaise (les frappes continuent et des renforts américains sont envoyés sur zone…).
Le niveau de l’impact sur l’économie mondiale réside pourtant dans la durée de ce choc énergétique. S’il se prolonge, l’impact cumulé sur la croissance et l’inflation pourrait s’avérer significatif en particulier en Europe qui figure parmi les régions les plus vulnérables à la hausse des prix de l’énergie.
En termes de stratégie d’investissement, il convient dans ce contexte volatile d’adopter une stratégie prudente et de tenir les positions actuellement en portefeuille, qui pourraient brutalement rebondir si un cessez-le-feu est signé rapidement. Tout en se préparant à ajuster son portefeuille aux conséquences à long terme de ce conflit, s’agissant en particulier des secteurs de l’énergie et des matières premières.
Achevé de rédiger le 2 avril 2026