Le mois de janvier 2026 a été marqué par plusieurs crises géopolitiques alimentées par l’administration Trump. Mais les marchés sont finalement restés relativement sereins avec un gain de 1,4% pour le S&P500 et une hausse de 3,2% de l’EuroStoxx 50. Le CAC 40 est une nouvelle fois resté en retrait des autres indices européens (-0,8% sur le mois) en raison du recul des valeurs du luxe.
En début de mois, les Etats-Unis ont lancé une opération militaire majeure pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro. La réaction des marchés a été limitée avec un attentisme des investisseurs qui a prédominé en particulier sur le marché du pétrole.
A peine cette opération spéciale terminée, le président américain est revenu à la charge sur le Groenland en réaffirmant son ambition de prendre possession du territoire pour des raisons stratégiques. Comme à son habitude, il a commencé par tenter l’arme de nouveaux droits de douane, ciblant plusieurs pays européens en particulier la France et l’Allemagne. Face à une opinion publique américaine plus que réservée sur cette opération et une Union Européenne faisant front face à lui, menaçant d’utiliser son dispositif anti-coercition, Trump a finalement reculé.
Enfin, l’Iran a été la troisième crise majeure du mois. À la suite des manifestations organisées par l’opposition au régime et à la très forte répression engagée par ce-dernier, Trump a menacé d’intervenir militairement et a ordonné le déploiement d’une importante flotte américaine au Moyen-Orient. Les tensions sont néanmoins redescendues en fin de mois avec l’annonce de l’ouverture de discussions au sujet du programme nucléaire.
Ces tensions ont relancé les discussions autour de la stratégie dite du « Sell America », apparue en avril dernier et la peur a gagné du terrain auprès des investisseurs. On a constaté des transferts de flux des US vers l’Europe avec un repli des investisseurs dans des valeurs refuges comme le franc suisse ou l’or avec en outre une hausse des cours du pétrole, des taux d’intérêt américain à 10 ans (à près de 4,30%) et une baisse du dollar (-0,9% sur le mois).
Mais les marchés ont fini par se focaliser sur données économiques clés qui ont surpris positivement s’agissant de la croissance américaine (+4,3% au T3 2025 en rythme annualisé) avec toujours de fortes tensions sur le marché du travail et une inflation restant encore au-dessus de 2% (+2,9% en 2025). La Fed a laissé ses taux d’intérêt directeurs inchangés en malgré les pressions continues de Trump et délivré un message optimiste sur l’économie, confirmant que la politique monétaire resterait probablement en suspens pendant un certain temps. Enfin, la nomination de Kevin Warsh comme successeur de Powell en mai prochain a été plutôt bien accueillie par les marchés.
Au niveau européen, la croissance du PIB de la zone euro a de nouveau dépassé les attentes (+1,5% sur l’année 2025), tirée par des facteurs extérieurs dans les différents pays et notamment des signes de reprise de l’Allemagne, l’inflation sous-jacente étant tombée à 2,3%.
En Asie, le Premier ministre du Japon a appelé à de nouvelles élections parlementaires en février, ce qui a accru les probabilités d’une expansion budgétaire supplémentaire alors que les tensions ont perduré sur le marché de la dette japonaise. Enfin, la Chine a publié des indicateurs contrastés confirmant une dynamique toujours fragile.
Les marchés abordent la suite de l’année avec un optimisme mesuré, février étant traditionnellement la période de publications des résultats au titre du dernier trimestre de l’année écoulée. Les premiers chiffres publiée ont ainsi été contrastées tant aux Etats-Unis (très forte baisse du cours de Microsoft suite à des inquiétudes relatives au montant des investissements dans l’intelligence artificielle, en forte progression) qu’en Europe (baisse également pour LVMH en raison notamment de marges décevantes et d’un repli plus marqué qu’attendu sur la division Mode et Maroquinerie).
Achevé de rédiger le 3 février 2026