Après un mois de novembre marqué par une forte volatilité mais une certaine résilience des marchés, le mois de décembre s’est inscrit dans une dynamique plus constructive, permettant aux indices actions de terminer l’année sur une note globalement positive (+20% pour le MSCI WORLD en dollars). Portés notamment par la détente des taux d’intérêts aux Etats-Unis, les marchés ont bénéficié d’un contexte monétaire plus favorable et d’un apaisement progressif des tensions géopolitiques.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale a procédé, comme attendu, à une baisse de 25 points de base de son taux directeur lors de sa réunion des 9 et 10 décembre, le portant dans une fourchette de 3,50 % – 3,75 %. Cette décision s’est appuyée sur la poursuite du ralentissement de l’inflation (+2,7% sur un an contre +3,1 % en début d’année) et sur un marché du travail en phase de normalisation. Ainsi, le taux de chômage s’est établi à 4,6 %, tandis que les créations d’emplois non agricoles ont continué à ralentir. Dans ce contexte, le S&P 500 a progressé d’environ +1,8 % sur le mois de décembre, portant sa performance annuelle à +17 % en dollars (mais seulement +4% en euros compte tenu de la forte baisse du dollar sur la période).
Toutefois, le secteur technologique a continué à sous-performer sur le mois (-0,5% pour le Nasdaq mais +20% - en dollars - sur l’ensemble de l’année 2025) en raison des inquiétudes observées concernant la rentabilité future des montants records investis dans l’intelligence artificielle (+68% en 2025 à 400 Md$). La capacité de financement constitue le sujet principal de risque aux yeux des marchés. Le cas Oracle illustre bien ce point avec une chute du titre de plus de 26% depuis fin octobre.
En Europe, le contexte est resté plus contrasté. Les indicateurs économiques demeurent moroses (croissance de +0,3% au T3 2025 pour la zone euro et une activité manufacturière qui est restée en zone de contraction) mais avec des perspectives en amélioration (croissance de +1,4% attendus pour l’année 2025 et +1,2% pour 2026). L’inflation en zone euro a poursuivi son repli pour s’établir autour de 2,2 % sur un an, juste au-dessus des objectifs de la BCE qui a finalement maintenu son principal taux d’intérêt directeur à 2% en raison notamment des incertitudes économiques globales (guerre commerciale, inflation persistante dans les services). En France, les débats autour du budget 2026 ont continué d’alimenter l’incertitude, même si l’adoption progressive d’un compromis sur le budget de la sécurité sociale a permis de réduire la volatilité en fin de mois.
En fin d’année, les marchés européens ont néanmoins profité du mouvement global de « détente monétaire » américain : le CAC 40 a ainsi progressé d’environ +1,2 % en décembre, tandis que l’Euro Stoxx 50 a gagné près de +1,5 %, portant leurs performances annuelles respectives à environ +8 % et +10 %.
En Chine, l’élan de la croissance a de nouveau ralenti en novembre après la forte baisse en octobre et devraient se traduire par une croissance du PIB réel d’environ 4,4% en glissement annuel. Les marchés financiers chinois ont marqué le pas sur le mois (indices à l’équilibre) après une année de très fortes performances (+18% pour le Shanghai Composite), porté par les valeurs technologiques liées à l’IA.
Enfin sur le plan géopolitique, les signaux d’apaisement se sont multipliés notamment sur le dossier ukrainien, où les discussions diplomatiques se sont intensifiées sous l’impulsion des États-Unis. Si aucun accord définitif n’a été conclu, ces avancées ont contribué à améliorer le sentiment de marché et à réduire les primes de risque en fin d’année.
Perspectives 2026
Pour 2026, les investisseurs abordent la nouvelle année avec un optimisme mesuré, soutenu par une activité économique mondiale qui devrait rester dynamique et le soutien des politiques monétaires et fiscales. L'inflation mondiale devrait ralentir davantage, mais pas suffisamment pour éliminer les risques d'une dynamique persistante au-dessus des objectifs des banques centrales. En Europe, le stimulus budgétaire allemand, s’il se concrétise enfin, pourrait générer une croissance plus forte que celle anticipée et « ruisseler » sur le reste de la zone Euro
Parmi les zones de risques, il faudra surveiller : la dynamique de résultats des grandes valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle avec un risque de correction en cas de déception. En outre, une éventuelle résurgence de l’inflation liée à un excès de stimulus aux Etats-Unis n’est pas à exclure et la politique commerciale américaine reste incertaine en raison d’une éventuelle décision de la Cour suprême US sur les tarifs douaniers qui pourrait être défavorable à l’administration Trump. Enfin, l’évolution des équilibres géopolitiques, qu’il s’agisse de la relation sino-américaine ou du conflit russo-ukrainien, restera un facteur clé de volatilité.