Le mois de juin 2026 a été marqué par un retour marqué de la volatilité sur les marchés financiers, sous l'effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient mais également des risques relatifs à la valorisation des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle. Avant un apaisement en toute fin de période qui a permis aux principaux marchés actions de fortement rebondir.
Au Moyen-Orient, le conflit entre Israël et l'Iran s'est intensifié durant la première quinzaine du mois avec notamment plusieurs frappes israëliennes visant des infrastructures militaires et nucléaires iraniennes, faisant craindre une escalade régionale majeure et une perturbation durable des approvisionnements énergétiques mondiaux. Toutefois, la situation s'est nettement détendue en fin de mois avec la signature d'un accord de cessez-le-feu entre les différentes parties. Même si cet accord, d’une durée initiale de 60 jours, demeure fragile, il a permis de restaurer une partie de la confiance des investisseurs et d’alléger les pressions sur les marchés de l’énergie.
Ces-derniers ont naturellement été les premiers à réagir. Le prix du Brent a dépassé brièvement les 80 dollars au plus fort des tensions avant de retomber rapidement sous les 68 dollars après l'annonce de la trêve, soit son plus bas niveau depuis plusieurs mois. Cette baisse reflète la disparition progressive de la prime de risque géopolitique et les anticipations d'une offre mondiale demeurant abondante. Néanmoins, le déblocage de la situation devrait prendre plusieurs mois…
Sur le plan macro-économique, l’économies américaine continuent de faire preuve d'une bonne résistance avec une croissance du premier trimestre révisée à la hausse à +2.1% et une inflation structurelle toujours élevée (+3.4%) mais qui ne surprend pas pas. Dans ce contexte, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a opté pour un statut quo lors de la dernière réunion de politique monétaire tout en soulignant sa volonté de continuer à lutter contre la hausse des prix. De son côté, la Banque Centrale Européenne a procédé à une hausse de 25 points de base de son principal taux directeur (porté à 2.25%) afin de prévenir le risque d’une propagation de l’inflation l’ensemble de l’économie. Alors même que le contexte macro-économique européen demeure très fragile en particulier en France et en Allemagne…
Dans ce contexte, les marchés actions mondiaux ont affiché des performances divergentes. Les indices américains sont restés globalement stables (-1.1% pour le S&P 500). Si la performance du semestre est largement positive (+9.6% avec l’effet change), elle s’inscrit dans un contexte de très forte concentration (25% de la performance de l’indice expliquée par la hausse de quatre valeurs) sur celles liées aux infrastructures concernant l’intelligence artificielle (mémoire, semi-conducteurs). En Europe, les marchés ont profité du rebond de la fin de période (+4.5% pour l'Euro Stoxx 50 et +2.7% pour le CAC 40), soutenu notamment par le secteur du luxe et les valeurs industrielles.
Enfin, les marchés asiatiques restent également bien orientés, en particulier le Japon et la Corée du Sud, toujours portés par les investissements liés aux semi-conducteurs et à l'intelligence artificielle.
Sur les marchés obligataires, les rendements souverains se sont stabilisés à des niveaux élevés. Les obligations américaines à 10 ans ont ainsi évolué dans une fourchette étroite (4.40-4.55%) les investisseurs restants partagés entre ralentissement économique et inflation persistante.
Les actifs refuges ont connu des trajectoires opposées. L’or a enregistré une correction flagrante, chutant de -12 % sur le mois pour s'établir à 4 008 $ l’once, s'éloignant nettement de son sommet historique de 5 500 $ atteint en janvier. À l'inverse, le dollar a conservé une trajectoire haussière, gagnant +1,9 % face à l’euro, soutenu par la résilience relative de l’économie américaine et les anticipations de resserrement de la politique monétaire de la Fed.
S'agissant des perspectives à court terme l'attention des investisseurs se portera désormais sur les premières publications de résultats du deuxième trimestre qui permettront d'évaluer la capacité des entreprises, notamment technologiques, à poursuivre leur croissance bénéficiaire et confirmer les fortes attentes placées en elles. Enfin, les prochaines statistiques d'inflation et d'emploi aux États-Unis continueront d'orienter les anticipations concernant les futures décisions de la Réserve fédérale. Dans ce contexte, nous conservons une approche globalement constructive sur les marchés actions, avec une préférence pour les entreprises bénéficiant de tendances structurelles de croissance, tout en maintenant une diversification suffisante afin de faire face à une volatilité qui devrait rester présente au cours de l'été.
Achevé de rédiger le 6 juillet 2026