Le mois d’avril 2026 s’inscrit dans la continuité d’un environnement international incertain, marqué par la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs répercussions sur l’ensemble des classes d’actifs.
Après le choc observé en mars, le conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël s’est installé dans une phase d’intensité variable, alternant épisodes de tensions militaires et tentatives de médiation diplomatique à ce stade infructueuses. Les deux parties avaient ainsi convenu le 7 avril d’un cessez-le-feu de deux semaines, permettant la tenue de discussions, sous l’égide du Pakistan, sur un projet d’accord de plus long terme. Sans surprise, les pourparlers ont rapidement échoué avec plusieurs points de blocage en particulier l'ouverture du détroit d’Ormuz, le dégel des avoirs iraniens et l’arrêt du programme nucléaire iranien. Trump a ensuite annoncé la mise en place d’un blocus naval du détroit d’Ormuz. Enfin, un nouveau cessez-le feu est toujours en cours depuis le 23 avril dans l’espoir d’une reprise effective des négociations…
Dans ce contexte, les perturbations persistantes autour du détroit d’Ormuz ont continué d’alimenter les tensions sur les marchés de l’énergie. Le prix du Brent s’est inscrit en hausse modérée sur le mois, évoluant autour de 110–115 USD le baril.
Sur le plan macro-économique, les tensions inflationnistes demeurent présentes. Celle-ci pourrait désormais atteindre, pour l’année 2026, respectivement 3.3% aux US en 2026 et 3% en Europe, à des niveaux supérieurs aux cibles des banques centrales. Dans ce contexte, la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne ont maintenu leurs taux directeurs inchangés tout en réaffirmant une approche dépendante des données économiques à venir, n’écartant pas la possibilité d’une politique plus restrictive dans les prochains mois.
Les marchés actions ont évolué de manière contrastée sur le mois. Après les corrections marquées de mars, un rebond technique partiel a été observé, principalement aux États-Unis (+10% pour le S&P 500) et en Asie, soutenu par des publications de résultats globalement résilientes (82% des sociétés ayant dépassé leurs attentes) en particulier dans le secteur technologique. De son côté, l’Europe a sous performer (+6% pour l’Eurostoxx 50) notamment en raison d’une plus grande sensibilité à la hausse des prix de l’énergie. Au final, ces évolutions ne permettent qu’un rattrapage partiel des replis enregistrés le mois précédent, en particulier en Europe.
Sur les marchés obligataires, les taux souverains à long terme se sont stabilisés (4.30%/4.40% pour le 10 ans américain par exemple) à des niveaux élevés, reflétant des anticipations d’inflation toujours soutenues, ne permettant ainsi qu’un rebond modéré de la classe d’actifs.
Enfin, les actifs dits « refuges » ont affiché un comportement plus favorable. L’or a enregistré un rebond modéré, s’inscrivant à nouveau au-dessus de 4700 dollars l’once, tandis que le dollar est resté globalement ferme face à l’euro, évoluant autour de 1,15 – 1,17 USD/EUR.
S’agissant des perspectives à court terme, l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient demeure le principal facteur d’incertitude pour les marchés. La visibilité reste limitée, tant sur le plan diplomatique que militaire, et conditionnera en grande partie les trajectoires d’inflation et de croissance au cours des prochains mois.
Dans cet environnement, marqué par une volatilité persistante et des facteurs de risque exogènes, une approche prudente et diversifiée demeure appropriée. Le maintien global des allocations actuelles apparaît pertinent à court terme, dans l’attente d’une amélioration de la visibilité. Une attention particulière doit être portée aux secteurs sensibles aux évolutions des prix de l’énergie ainsi qu’aux actifs susceptibles de bénéficier d’un régime d’inflation durablement plus élevé.
Achevé de rédiger le 6 mai 2026