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Les Marchés en juillet 2026

Publié le 21 août 2026 | Par Michel GRANDCHAMP des RAUX

Le mois de juillet 2026 a été marqué par une forte rotation sectorielle sur les marchés financiers, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et de questionnements croissants autour des valorisations liées à l’intelligence artificielle. Malgré une volatilité élevée sur les valeurs technologiques, les marchés européens ont poursuivi leur progression, portés par les résultats d’entreprise, tandis que les marchés américains ont marqué le pas.

La principale source d’incertitude est venue du secteur technologique. Après un premier semestre exceptionnel, les investisseurs ont commencé à s’interroger sur le rythme de croissance du marché de l’IA et sur la rentabilité des investissements engagés par les grands acteurs du secteur. Cette remise en question a été particulièrement visible en Corée du Sud où le Kospi, fortement exposé aux fabricants de semi-conducteurs, a connu des mouvements d’une ampleur inédite. Toutefois, les publications trimestrielles de Microsoft et Amazon ont confirmé la poursuite d’une forte demande liée à l’intelligence artificielle et rassuré les investisseurs sur les perspectives structurelles du secteur.

Sur le plan géopolitique, les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont entretenu un niveau élevé d’incertitude. Les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz ainsi que plusieurs incidents en mer Rouge ont soutenu les cours du pétrole durant une grande partie du mois. Le Brent s’est maintenu au-dessus de 85 dollars avant de refluer progressivement, tandis que l’or a franchi le seuil symbolique de 4 000 dollars l’once, confirmant le maintien d’une demande soutenue pour les actifs refuges.

Dans ce contexte, les marchés européens ont fait preuve d’une bonne résilience, notamment le CAC 40 en progression de 1,3% sur le mois. À l’inverse, le S&P 500 a terminé quasiment à l’équilibre tandis que le Nasdaq a reculé de plus de 3 %, pénalisé par la correction des grandes valeurs technologiques.

Sur le plan macroéconomique, la Réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs inchangés (3,50 %-3,75 %). Le ralentissement de l’activité se confirme avec une croissance du PIB de 1,5 % en rythme annualisé au deuxième trimestre, contre 2,1 % au premier trimestre. La demande intérieure reste néanmoins solide avec des dépenses de consommation en progression de 3,2 % en rythme annualisé. En revanche, l’inflation demeure au-dessus de l’objectif de la Fed (+ 3,4 % pour l’inflation « core » – hors énergie et alimentation), ce qui justifie le maintien d’un discours prudent de la part de l’institution.

En Europe, la Banque centrale européenne a également laissé ses taux inchangés à 2,25 %. La croissance de la zone euro s’est montrée plus résistante qu’attendu, avec un PIB en hausse de 0,4 % au deuxième trimestre et de 1,0 % sur un an. L’inflation reste toutefois supérieure à la cible (+2,5% pour l’inflation sous-jacente).

Enfin, l’économie chinoise continue d’évoluer à un rythme plus modéré. Le PIB a ralenti à 4,3 % sur un an au deuxième trimestre, contre 5,0 % au premier trimestre, soit son rythme le plus faible depuis 2022. En outre, les données de juillet confirment la faiblesse de la demande intérieure, les ventes au détail n’ayant progressé que de 0,6 % sur un an.

S’agissant des perspectives à court terme, les marchés resteront particulièrement attentifs à l’évolution de l’inflation et aux décisions des banques centrales, dans un environnement où les taux longs (i.e. taux des emprunts d’Etat à 10 ans) se sont nettement tendus depuis la mi-juin. Ainsi, le rendement du taux américain à 10 ans est passé d’environ 4,50 % à près de 4,75 %, tandis que le Bund allemand à 10 ans est remonté d’environ 3,05 % à 3,20 %. Cette remontée des taux longs reflète à la fois des anticipations de politique monétaire plus restrictive, la persistance des risques inflationnistes liés à l’énergie et une prime de terme accrue liée aux besoins de financement publics. À court terme, une stabilisation des rendements obligataires serait favorable aux valorisations actions, mais tout nouveau choc sur le pétrole ou sur l’inflation pourrait raviver la volatilité. Dans ce contexte, nous conservons une vision constructive mais sélective sur les marchés actions, en privilégiant les sociétés capables de préserver leurs marges et de générer une croissance bénéficiaire visible.

Achevé de rédiger le 20 aout 2026

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